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Chers
amis, chère famille,
Comme tout bon père ou mère juif, j’ai
toujours été très fier de mes trois
enfants, Patick, Eve et David. Depuis quelques années,
j’ai rêvé de me retrouver avec ma fille
Eve en robe blanche à la synagogue et la conduisant
vers le dais nuptial. Au lieu de cela, je me retrouve ce
soir pour célébrer l’anniversaire d’un
mois du décès de ma fille Eve. En ces moments
dramatiques de la maladie et du décès, nous
nous sommes retrouvés Gladys, Patrick, Eve, David
et moi très unis. Nous n’aurions pas pu surmonter
ces instants sans votre présence à tous.
Au nom de Patrick, David, Gladys et en mon nom, je tiens
à vous remercier de tout mon cœur de nous honorer
de votre présence et de partager notre douleur. Je
vous remercie pour votre chaleureux soutien, constant, intense
et spontané pendant la maladie d’Eve, lors
de sa disparition, et encore aujourd’hui.
Je remercie Hervé, le fiancé d’Eve qui
a été présent tout le temps de sa maladie
et qui a pris le deuil avec nous. J’aurais tellement
été heureux et fier qu’il fut mon beau-fils.
Lui-même était épaulé par son
frère Jean-Marc, sa femme Julie et ses parents qui
sont devenus des amis pour nous. Ma belle-sœur Sylvia
qui est venue du Maroc et qui depuis quatre mois, nous a
soutenus sur ses épaules frêles et robustes.
Ma belle-mère Suzanne, mes beaux-frères Serge,
Gabriel et leurs épouses. Ma nièce Michelle,
la seule cousine germaine d’Eve. Bien entendu, je
remercie toute ma grande famille ainsi que vous tous mes
amis pour votre soutien.
Moi qui faisais partie entre 1968 et 1972 d’une bande
d’amis formidables au café du Luxembourg à
Paris, je me suis trouvé complètement épaté
par les amis d’Eve que je trouve très supérieurs
aux miens. Je ne pourrai les citer tous, mais il faut tout
de même que je parle de Karine Dahan qui a fait médecine
avec elle, de ses trois amies de longue date, Karine Ganancia,
Raphaëlle Meyer et Déborah Lelouche ainsi qu’Alexandra,
Eva, Samantha et toutes les autres. Ses amis garçons,
Jérémy, Mathieu, Olivier, Raphaël, Arnaud
et tous les autres. Ils ont fait preuve tout au long de
sa maladie de tant d’inventivité, d’humour,
de gentillesse, de tendresse pour Eve que je ne sais comment
les remercier. Pour donner un exemple, je citerais le concours
de la carte postale la plus idiote qu’ils ont organisé
les quinze derniers jours d’Eve. Nous recevions quotidiennement
vingt cartes postales humoristiques accompagnés de
mots gentils. Nous tenons aussi à remercier tous
ses collègues du corps médical qui l’ont
encouragée, soutenue et aimée. Eve, malgré
ses souffrances, les traitements éprouvants, a su
nous offrir en permanence son merveilleux sourire, ne s’est
jamais plainte, toujours soutenue par vos témoignages
d’amour et d’amitié qui l’ont comblée
jusqu’aux derniers instants et l’on peut dire,
jusqu’à son dernier souffle.
Tous ses amis m’ont dit qu’Eve était
un être exceptionnel de générosité,
d’intelligence, de beauté et avec une volonté
à toute épreuve de bien faire. Nous considérons
que nous avons eu de la chance de connaître Eve, cet
être merveilleux, sensible, infiniment pleine d’amour
et de bonté. J’espère qu’elle
nous entend.
Nous avons été très sensibles par l’initiative
de Karine Ganancia et de ses amis et par votre généreuse
participation à la réalisation d’un
grand bosquet en Israël, sous l’égide
du KKL.
Pour finir ce discours, je citerai ce mot d’Anaïs,
qui est une amie d’Eve du Lycée Rabelais qui
nous a envoyé du Canada une carte postale représentant
une orchidée perlée de rosée et qui
disait :
« Une fleur pour ta beauté et ta bonté
et la rosée pour mes larmes ».
Clamart, le 5 décembre 2004.
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